Gingo; Sarah Cohen-Scali

gingoRésumé :

Le mur. Il sépare la Cité Bleue de la Cité Blanche, Smartcity à la pointe de la technologie. Jade vit du côté bleu, là où le travail manque, où la vie est rude. Là où ses ancêtres ont un jour décidé de se déconnecter pour échapper à l’œil inquisiteur du Net. Elle doit ainsi se soumettre aux lois imposées par la Cité Blanche. Lui accordera-t-on ce qu’elle désire par dessus tout ? Le droit d’avoir un enfant ? Accord refusé. Jade doit adopter. Or les Adoptés ne sont pas des enfants comme les autres. Ils sont difficiles à élever, à aimer. Ils servent avant tout d’objets d’étude pour les scientifiques de la Cité Blanche. Mais Jade parviendra à aimer Gingo comme son propre fils et de ce fait, elle conduira la Cité Bleue à la rébellion. À travers le combat d’une mère pour son fils, se dessine le portrait angoissant d’une société hyper connectée, assujettie à la suprématie des algorithmes et de l’Intelligence artificielle. Celle de demain ?

Mon avis 

J’ai eu l’opportunité de découvrir cette nouvelle sortie de la collection Électrogène grâce aux éditions Gulfstream que je remercie pour l’envoi. Lorsqu’ils m’ont proposé de lire Gingo, j’ai été très intriguée par la couverture mais aussi par le résumé qui me paraissait prometteur. Cela faisait un moment que je n’avais pas lu de dystopie et j’ai été agréablement surprise par le récit et le thème abordé, même si la fin m’a laissé quelque peu perplexe !

Imaginez un futur où notre rapport à la technologie détermine notre statut social. Ainsi, on retrouve d’un côté les habitants de la cité Blanche, ultra-connectés, jouissants de tous les privilèges et de l’autre, ceux de la cité Bleue, des marginaux aux ressources précaires. Jade qui fait parte de cette seconde catégorie espère obtenir une autorisation pour enfanter naturellement (car oui les naissances sont contrôlées) mais, tout ne se passe pas comme prévu et elle se retrouve dans l’obligation d’adopter. On pourrait penser que ce n’est pas si dramatique mais ces enfants qu’on leur confie ont à la fois un physique très ingrat mais également des capacités mentales très limitées. Aussi, lorsque Jade se retrouve en charge du petit Gingo, c’est toute sa vie qui bascule !

Le gros point fort de ce roman est sans nul doute son univers, à la fois riche et très bien construit.  On n’a aucun mal à visualiser ce monde qui pourrait très bien refléter un avenir plus que probable tant la technologie prends de l’ampleur dans notre quotidien. Outre l dépendance aux intelligences artificielles, ce roman déborde de sujets forts et importants tels que la ségrégation sociale mais aussi la discrimination, l’abus de pouvoir et le culte du paraître. Tout est question d’apparence dans la cité Blanche si bien que tout ce qui est différent ou qui ne rentre pas dans des critères de beauté prédéfinis est rejeté. Vous imaginez un futur où l’être humain est formaté de manière à le conditionner ans un mode de pensée restreint, ne laissant que peu de place à l’individualité et au libre arbitre ? Un futur où tout nos choix sont dictés par une entité informatique. Effrayant non?

Pour ce qui est des personnages, j’avoue avoir eu un eu de mal à m’y attacher mis à part Gingo, qui m’a particulièrement touché. Même si Jade est décrite de façon à nous apparaître comme une femme forte et déterminée mais elle m’a plus d’une fois agacé avec son impulsivité et ses décisions irréfléchies qui ont eu de graves conséquences. Certes, je suis d’avis de s’affirmer et se rebeller contre les injustices mais autant le faire intelligemment et non pas en fonçant tête baissée. J’ai moi même été révoltée durant ma lecture face à la manière dont Gingo était traité par les autres qui n’essayaient pas de le comprendre et ne voyait pas plus loin que les apparences. On se rend compte à mesure qu’on le voit évoluer, que Gingo est juste un enfant curieux et qui a du mal à exprimer correctement ce qu’il ressent, chose qui peut être mal interprétée…

En bref, Gingo est un roman original et qui fait réfléchir. Sarah Cohen-Scali nous offre un récit bien mené, à l’univers richement développé et avec un personnage principal qui ne vous laissera pas indifférents. La fin vient selon moi de manière assez abrupte et m’a laissé un petit arrière gout d’inachevé mais il n’empêche que j’ai apprécié cette lecture dans son ensemble !

5 réflexions sur “Gingo; Sarah Cohen-Scali

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